mardi 7 avril 2015

L’effet miroir, outil du coach, mais pas que…



« Miroir, mon miroir, dis-moi la vérité Toi qui vois bien plus loin, que les lointaines vallées.  Dis-moi parmi toutes les femmes, quelle est celle qui est la plus belle ? », Etc…Etc… La méchante reine de Blanche-Neige et son miroir ? Ça vous revient ?

MIROIR VS…
Le miroir, vous connaissez bien, cet objet ami ou ennemi, siégeant dans votre salle de bain, votre chambre, ou se démultiplie au fil des envies dans votre Home sweet home… Il vous renvoie à votre apparence physique, qui selon les jours ou les humeurs vous laisse à des sentiments variables allant de l’adoration au rejet le plus total. Des fois mêmes, vous préférez ne pas en avoir, de miroir… Il a cette caractéristique d’être forcément limité dans sa perception car il ne reflète que votre jugement (forcément non objectif). Bien sûr, vous avez remarqué que votre image vous apparaît moins attrayante en cas de fatigue ou de mauvaise humeur ? Bien sûr, vous avez aussi noté que votre environnement peut vous trouver radieuse alors que vous observez dans la glace une silhouette informe et dépourvue de… X (tout adjectif souhaité) ?

…EFFET MIROIR
Ces considérations passées, il est temps de vous expliquer ce qu’est « L’effet miroir « , utilisée comme méthode de coaching. Première clarification : nullement besoin de l’objet suscité pour obtenir cet effet en séance. Non car le miroir en coaching, c’est le coach lui-même.

Considérant que la plupart du temps, les autres ne sont que le reflet de nous-même, la posture de coach et son questionnement affûté offrent un effet miroir puissant à son client.
L’acte de coacher s’inscrit en effet dans le moment présent, en accueillant ce qui est, sans jugement et dans la bienveillance, depuis une écoute profonde de soi, de l’autre et de l’environnement. Il s’agit de laisser émerger ce qui peut être partagé en cet instant. C’est comme si le coach en séance était le miroir et servait de catalyseur à la conscience du client, en train de se regarder penser pour mieux se préparer à agir.

POURQUOI L’UTILISER ?
L’effet miroir devient ainsi un outil puissant de la relation pour les coachs. Il lui sert à bâtir des hypothèses sur la situation que vit son client avec son environnement, par reflet systémique.
Par exemple, le coach va formuler une hypothèse en transposant ce qu’il vit et ressent en séance de coaching dans le propre système du client. Par exemple :
1/ « Quand nous fonctionnons comme cela, je ressens X (de la tristesse, de la colère...) et je me demande si, par hasard, votre collaborateur ressent cela aussi ? Et peut-être aussi vous-même ? »
Cette hypothèse permet ensuite à son client de clarifier sa pensée, voire à provoquer des prises de conscience et l’émergence de solution nouvelle.


EFFET MIROIR AU QUOTIDIEN
Au quotidien, il est possible de se rendre compte de ce phénomène, à partir du moment où ce que nous voyons chez les autres est un reflet de nous-mêmes. Dans votre vie, demandez-vous pourquoi certaines personnes récoltent immédiatement votre sympathie alors que d’autres vous agacent dans le même temps ?
Nous voyons chez l’autre ce que nous voulons voir. Quand quelque chose nous plait chez quelqu’un, il s’agit généralement d’une partie de nous-même à laquelle nous nous identifions. La plupart du temps nous recherchons soit des personnes avec les mêmes qualités que nous, soit des personnes possédant des qualités qui ne sont pas les nôtres et que nous souhaiterions obtenir… tout ceci n'est qu'un jeu de miroir. On reconnaît ce que l’on connaît. 

UNE INVITATION A L’EXPLORATION
Encore une histoire d’Ego ? Pas vraiment, car si nous acceptons cet effet miroir, comme outil de connaissance de nous-mêmes, il nous invite à dépasser les limites du « connu » pour nous ouvrir aux autres et explorer nos zones d’ombre, à travers ce qu’ils nous renvoient. En effet, ces personnes qui nous agacent et nous dérangent, viennent sûrement titiller en nous des choses non résolues. Oui, parce que lorsque quelque chose nous insupporte chez l’autre, c’est le même principe. Nous avons du mal à le tolérer parce que cela nous renvoie à nos propres failles.
Si vous l’acceptez comme tel, vous aurez sûrement le bénéfice de constater qu’il y a dans ces rencontres « dérangeantes » quelque chose à apprendre sur vous : pourquoi cette rencontre, qu’est-ce que cette situation veut m’apprendre ? Et si nous sommes sincères envers nous-mêmes, la réponse arrive vite.

Vous pouvez d’ores et déjà en faire l’expérience : Réfléchissez… connaissez-vous quelqu’un qui, en ce moment, provoque chez vous une réaction de rejet, de colère, de tristesse,… ? Qu'est-ce que cette personne fait vibrer en réalité au fond de vous ? Allez, bonne introspection !

Une publication d'Alexandra Quillet pour le mag Sweet Time